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Tu veux quitter ton job mais sans démissionner ? Ou alors c'est ton employeur qui veut que tu partes "à l'amiable" ? Dans les deux cas, la rupture conventionnelle est probablement la solution à laquelle tu penses. Et tu as raison : c'est le mode de départ le plus populaire en France après la démission. Environ 500 000 sont signées chaque année.
Son gros avantage ? Contrairement à la démission, tu gardes tes droits au chômage. Et contrairement au licenciement, ça se fait sans conflit... en théorie.
Parce qu'en pratique, la rupture conventionnelle cache beaucoup de pièges. On va tout te décortiquer pour que tu ne laisses rien sur la table.
C'est quoi exactement, une rupture conventionnelle ?
C'est un mode de rupture du CDI "à l'amiable", créé en 2008 (articles L.1237-11 à L.1237-16 du Code du travail). L'idée : toi et ton employeur tombez d'accord pour mettre fin au contrat. Personne ne l'impose à l'autre.
Trois choses la rendent unique. D'abord, elle repose sur le consentement mutuel : si tu ne veux pas, personne ne peut te forcer. Ensuite, elle te garantit une indemnité au moins égale à celle d'un licenciement. Et enfin, elle te donne droit au chômage, ce que la démission ne fait pas.
C'est pour qui ?
La rupture conventionnelle, c'est uniquement pour les salariés en CDI. Si tu es en CDD, intérim, apprentissage, ou fonctionnaire, ce n'est pas possible (les agents de la fonction publique ont un dispositif spécifique depuis 2020).
Et oui, tu peux la signer même pendant un arrêt maladie, un congé maternité ou un congé parental. Mais attention : la justice sera très vigilante sur le fait que tu aies signé en toute liberté (la Cour de cassation l'a rappelé, arrêt du 30 janvier 2013, n° 11-22.332).
La procédure, étape par étape
Étape 1 : Lancer la discussion
Ça peut venir de toi comme de ton employeur. Il n'y a pas de formalisme imposé : un email, un courrier, même une discussion orale. Mais le conseil malin, c'est de garder une trace écrite. Si c'est toi qui demandes, un simple courrier (pas en recommandé, ça fait trop agressif) suffit.
Étape 2 : L'entretien (au moins un)
La loi impose au minimum un entretien entre les deux parties (article L.1237-12). En vrai, il en faut souvent deux ou trois pour se mettre d'accord sur tous les détails.
Pendant ces entretiens, tu peux te faire accompagner par un collègue ou un représentant du personnel. Si ton entreprise n'a pas de représentant, tu peux faire appel à un conseiller du salarié (la liste est en préfecture). Si tu te fais accompagner, ton employeur a aussi le droit de l'être.
C'est là que tout se joue : la date de départ, le montant de l'indemnité, le sort de ta clause de non-concurrence, le maintien de ta mutuelle...
Étape 3 : La signature du formulaire Cerfa
Une fois l'accord trouvé, il faut remplir le formulaire Cerfa n° 14598 (dispo sur TéléRC). Il doit mentionner la date des entretiens, le montant de l'indemnité et la date de fin du contrat.
Point crucial : chaque partie doit recevoir un exemplaire. Si ton employeur ne te remet pas le tien, c'est une cause de nullité de toute la convention (la Cour de cassation a été très claire là-dessus, arrêt du 6 février 2013).
Étape 4 : Le délai de rétractation (15 jours)
À partir du lendemain de la signature, toi et ton employeur avez chacun 15 jours calendaires pour changer d'avis (article L.1237-13). Pas besoin de donner de raison. Un simple courrier recommandé suffit.
C'est ton filet de sécurité : si tu réalises après coup que tu as signé trop vite ou que le montant est trop bas, tu peux te rétracter sans conséquence.
Étape 5 : L'homologation par la DREETS (15 jours ouvrables)
Une fois le délai de rétractation passé, la demande est envoyée à la DREETS (ex-DIRECCTE) via le portail TéléRC (telerc.travail.gouv.fr). La DREETS a 15 jours ouvrables pour examiner le dossier. Si elle ne répond pas, c'est considéré comme validé.
Elle vérifie surtout trois choses : le respect de la procédure, le montant de l'indemnité (pas en-dessous du minimum), et l'absence de pression évidente.
Étape 6 : C'est fini
Ton contrat s'arrête à la date convenue dans la convention. Au total, entre la signature et la sortie effective, compte minimum 30 à 40 jours.
Le nerf de la guerre : combien tu vas toucher
Le minimum légal
Ton indemnité ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement (article L.1237-13). La formule, c'est la même : 1/4 de mois de salaire par année pour les 10 premières années, puis 1/3 de mois au-delà.
Et si ta convention collective prévoit une indemnité de licenciement plus élevée, c'est elle qui devient le plancher.
Mais tu peux (et tu dois) négocier plus !
Le minimum, c'est juste un point de départ. Dans la vraie vie, beaucoup de ruptures conventionnelles aboutissent à des montants bien supérieurs, surtout quand c'est l'employeur qui veut que tu partes.
Les éléments qui jouent en ta faveur :
C'est ton employeur qui a lancé l'idée ? Tu es en position de force. C'est lui qui a besoin que tu acceptes, pas l'inverse.
Tu as de l'ancienneté et un bon salaire ? Plus ils sont élevés, plus l'employeur sera prêt à mettre la main au portefeuille.
Tu as des arguments pour un contentieux ? Si tu as subi du harcèlement, des heures sup' non payées, de la discrimination... ton employeur sait qu'un prud'hommes lui coûterait beaucoup plus cher. Ça te donne un levier énorme.
L'entreprise se porte bien ? Un employeur rentable qui propose le strict minimum, ça passe mal devant un juge.
En pratique, les indemnités supra-légales tournent souvent entre 1,5 et 3 fois le minimum légal. Ça fait une sacrée différence.
Tu ne sais pas combien demander ? C'est exactement ce que l'évaluateur JustiJob te calcule. Il analyse ta situation complète (ancienneté, salaire, convention collective, contexte) et te donne le montant optimal à demander. L'évaluation est gratuite, et si ton scoring dépasse 60%, on te fournit un dossier complet de négociation pour 120€ (60€ pour les adhérents syndicats ou associations partenaires).
→ Je fais évaluer ma rupture conventionnelle gratuitementEt le chômage dans tout ça ?
Tu y as droit, c'est confirmé
C'est LE gros avantage de la rupture conventionnelle. Tu touches l'allocation de retour à l'emploi (ARE) de France Travail, exactement comme après un licenciement. L'allocation représente environ 57% de ton salaire journalier de référence (minimum 31,97€/jour en 2025).
Attention au "différé d'indemnisation"
C'est le piège que personne ne t'explique. Si ton indemnité dépasse le minimum légal (ce qu'on espère pour toi !), France Travail applique un décalage avant de commencer à te verser le chômage.
Le calcul : montant supra-légal ÷ 102,4 = nombre de jours de carence, dans la limite de 150 jours (environ 5 mois).
Exemple concret : tu touches 10 000€ d'indemnité supra-légale. Le différé sera de 10 000 ÷ 102,4 ≈ 98 jours, soit environ 3 mois. Pendant ces 3 mois, pas de chômage.
Ce différé s'ajoute au délai d'attente classique de 7 jours et au différé congés payés.
Le conseil JustiJob : intègre ce calcul dans ta négociation. Parfois, il vaut mieux toucher un peu moins d'indemnité et percevoir le chômage plus vite. C'est un arbitrage important, et notre évaluateur le prend en compte.
La contribution de 30% qui change la donne
Depuis septembre 2023, l'employeur paie une contribution patronale de 30% sur l'indemnité de rupture conventionnelle (contre 20% avant). C'est l'article L.137-12 du Code de la sécurité sociale.
Concrètement, pour chaque euro qu'il te donne, l'employeur doit aussi verser 30 centimes à l'État. Ça renchérit le coût total pour lui et peut le rendre moins généreux dans la négo. Bon à savoir pour calibrer tes demandes.
Les 5 pièges à éviter absolument
Piège n°1 : Signer sous la pression
Si ton employeur te met la pression (menaces de licenciement, chantage, ambiance toxique), ta convention peut être annulée pour vice du consentement. Le problème, c'est que le prouver après coup est difficile. Si tu es dans cette situation, documente tout (mails, SMS, témoignages) et fais-toi conseiller avant de signer.
Piège n°2 : Accepter le minimum sans broncher
C'est l'erreur la plus fréquente. Beaucoup acceptent le plancher légal par peur de braquer l'employeur ou par méconnaissance. Sache que la négociation fait partie du jeu et que ton employeur s'attend à ce que tu demandes plus.
Piège n°3 : Oublier la clause de non-concurrence
Si ton contrat en contient une, vérifie si l'employeur la lève ou la maintient. Si elle est maintenue, tu as droit à une contrepartie financière mensuelle. Si elle est levée, tu es libre. Mais la levée doit être formalisée par écrit.
Piège n°4 : Ne pas calculer le différé chômage
On en a parlé plus haut : une grosse indemnité peut décaler ton chômage de plusieurs mois. Fais le calcul avant de négocier pour trouver le bon équilibre entre indemnité et démarrage du chômage.
Piège n°5 : Oublier tes créances salariales
Avant de signer quoi que ce soit, vérifie que tu n'as pas d'heures sup' non payées, des primes dues, des RTT non pris... Tu peux soit les intégrer dans la négo, soit les réclamer séparément. Mais une fois que tu as signé, c'est plus compliqué de revenir dessus.
Cas particulier : les salariés protégés
Si tu es membre du CSE, délégué syndical ou représentant du personnel, la procédure est différente. Ta rupture conventionnelle nécessite non pas une simple homologation mais une autorisation de l'inspection du travail (article L.1237-15). L'inspecteur vérifie que la rupture n'est pas un moyen déguisé de te virer parce que tu défends les salariés. Il a 2 mois pour décider.
La rupture conventionnelle collective (RCC)
Depuis les ordonnances Macron de 2017, les entreprises peuvent mettre en place des plans de départ volontaire appelés "rupture conventionnelle collective" (articles L.1237-19 et suivants). C'est un accord négocié avec les syndicats et validé par la DREETS. Si tu acceptes d'y participer, tu bénéficies du chômage et des indemnités prévues dans l'accord.
Questions fréquentes
Mon employeur peut refuser ma demande de rupture conventionnelle ?
Oui. La rupture conventionnelle est basée sur le consentement mutuel. Si l'un des deux ne veut pas, ça ne se fait pas. Et personne n'a besoin de justifier son refus.
Je suis en arrêt maladie, je peux signer ?
Oui, c'est légalement possible. Mais la DREETS sera d'autant plus attentive au fait que tu aies signé librement. Documente bien le fait que c'est ta décision.
J'ai droit à 100% de mon salaire au chômage ?
Non. L'allocation chômage représente environ 57% de ton salaire journalier brut. C'est un filet de sécurité, pas un maintien de salaire intégral.
Je peux revenir en arrière après avoir signé ?
Tu as 15 jours calendaires pour te rétracter après la signature. Après l'homologation, tu as 12 mois pour saisir les prud'hommes si tu estimes avoir subi une pression ou si la procédure n'a pas été respectée.
C'est quoi la différence avec un "licenciement à l'amiable" ?
Le "licenciement à l'amiable" n'existe pas en droit français. La rupture conventionnelle est le seul dispositif légal pour rompre un CDI d'un commun accord. Méfie-toi d'un employeur qui te propose un "arrangement" sans passer par la procédure officielle.
Fais évaluer ta situation avant de signer quoi que ce soit
La rupture conventionnelle, c'est une décision qui engage ton avenir professionnel et financier. Avant de signer, assure-toi de connaître le montant exact auquel tu as droit et la meilleure stratégie de négociation.
L'évaluateur rupture conventionnelle de JustiJob est gratuit. Il te donne un scoring de ta situation, et si ton score dépasse 60%, pour seulement 120€ (60€ pour les adhérents syndicats ou associations partenaires), on te fournit un dossier complet : montant optimal de l'indemnité, impact sur le chômage, points de vigilance selon ta convention collective, et recommandations de négociation.
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Cet article est publié à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour une analyse adaptée à ta situation, nous te recommandons de réaliser une évaluation JustiJob ou de consulter un avocat spécialisé en droit du travail.