Vous avez le sentiment d'être traité différemment à cause de votre âge, de votre sexe, de vos origines, d'un handicap, d'une grossesse, de votre état de santé, de vos opinions politiques ou de votre activité syndicale — ou pour tout autre motif interdit par la loi ? Vous n'êtes pas seul, et cette situation n'a rien d'une fatalité. La loi interdit toute discrimination fondée sur l'un des 26 critères protégés (art. L.1132-1 du Code du travail).
Directe ou indirecte. La discrimination peut être directe — une remarque, une décision de mutation, un refus de promotion ou de renouvellement fondés sur un critère interdit — ou indirecte, lorsqu'une mesure en apparence neutre (un critère de disponibilité, de taille, de diplôme) désavantage en réalité un groupe protégé sans justification objective.
La preuve est aménagée en votre faveur. Le Code du travail (art. L.1134-1) organise un mécanisme spécifique : vous présentez des éléments de fait laissant supposer une discrimination (bulletins comparatifs avec vos collègues, courriels, témoignages, chronologie suspecte) ; il incombe alors à votre employeur de prouver que sa décision repose sur des raisons objectives, étrangères à toute discrimination. ⚠️ Ce n'est pas un renversement total : vous devez d'abord apporter des indices sérieux, et le juge forme sa conviction au vu des pièces des deux parties. Mais ce mécanisme est un atout puissant : à défaut de justification objective, la discrimination est retenue.
Un délai qui court à la révélation, pas aux faits. Contrairement à une idée reçue, le compteur ne démarre pas au moment des faits, mais au jour où vous en avez eu connaissance (art. L.1134-5). Vous disposez de 5 ans à compter de la révélation de la discrimination. Un fait ancien — une promotion refusée, un écart de salaire découvert lors d'une comparaison, une carrière bloquée — peut donc rester attaquable si vous venez seulement d'en prendre conscience, par exemple grâce à un panel de comparaison avec vos collègues ou à un signalement de l'inspection du travail.
Des sanctions fortes. Une mesure discriminatoire est frappée de nullité (art. L.1132-4) : vous pouvez obtenir l'annulation de la décision, votre réintégration avec rappel intégral de salaire, et — en cas de licenciement nul — une indemnité au moins égale à six mois de salaire, hors barème. La discrimination est aussi un délit pénal, puni de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende (art. 225-2 du Code pénal).
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