Articles L.1153-1 à L.1153-6 du Code du travail
Vous subissez des propos ou comportements à connotation sexuelle qui vous mettent mal à l'aise ? Des gestes déplacés, des avances insistantes, des pressions pour obtenir un acte sexuel ? Ou des représailles depuis que vous avez refusé ou dénoncé de tels agissements ? La loi vous protège — que vous soyez salarié, stagiaire, en formation ou même candidat à un emploi.
Une définition large, en deux volets. Le harcèlement sexuel est défini par le Code du travail (art. L.1153-1) et le Code pénal (art. 222-33). Il recouvre deux situations : d'une part, des propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste répétés qui portent atteinte à votre dignité ou créent un environnement intimidant, hostile ou offensant ; d'autre part, toute forme de pression grave, même exercée une seule fois, dans le but d'obtenir un acte de nature sexuelle. Trois précisions importantes : un seul fait grave peut suffire ; l'intention de l'auteur n'est pas requise (seul compte l'effet subi) ; et depuis la loi du 2 août 2021, le harcèlement peut être reconnu même lorsque les agissements viennent de plusieurs personnes, sans concertation.
La preuve joue en votre faveur. Le Code du travail aménage la charge de la preuve (art. L.1154-1) : vous apportez des éléments suffisamment précis et sérieux laissant supposer un harcèlement (SMS, messages, attestations de témoins, certificats médicaux, signalements) ; l'employeur doit alors démontrer que ses décisions reposent sur des éléments objectifs, étrangers à tout harcèlement. ⚠️ Ce n'est pas un renversement total : vous ne vous dispensez pas de produire des éléments sérieux, et le juge conserve son pouvoir d'appréciation en examinant les pièces des deux parties. Mais ce mécanisme est un atout majeur.
Vous êtes protégé contre les représailles. Aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou discriminé pour avoir subi, refusé de subir, dénoncé ou témoigné de faits de harcèlement sexuel (art. L.1153-2 et L.1153-3). Tout licenciement intervenu dans ce contexte est nul : vous pouvez alors obtenir votre réintégration, une indemnité au moins égale à six mois de salaire, et des dommages-intérêts pour votre préjudice.
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