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Droit du Travail7 min de lecture

Prime de précarité CDD : calcul, exceptions et recours (2026)

La prime de précarité CDD représente 10 % de votre rémunération brute. Comment la calculer, qui y a droit, quand elle est due et comment réclamer si elle n'a pas été versée. Guide 2026.

Mis à jour le 2 avril 2026
GB
Par Ghali BenzerfaPolytechnicien · Fondateur de JustiJob

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Prime de précarité CDD : tout ce que vous devez savoir en 2026

À la fin de votre CDD, votre employeur vous doit plus que votre dernier salaire. La prime de précarité — 10 % de l'ensemble de votre rémunération brute — est une obligation légale. Pourtant, elle est fréquemment oubliée, sous-calculée, ou carrément absente du solde de tout compte. Ce guide vous explique comment la calculer, qui y a droit, et comment la récupérer si elle n'a pas été versée.


Qu'est-ce que la prime de précarité ?

La prime de précarité (ou « indemnité de fin de contrat ») est une compensation légale qui reconnaît la situation difficile dans laquelle se trouve tout salarié en CDD à la fin de son contrat : il doit retrouver un emploi, sans les protections dont bénéficie un salarié en CDI.

Elle est prévue par l'article L.1243-8 du Code du travail, et son taux est de 10 % de la rémunération brute totale perçue pendant toute la durée du CDD.

Elle est due automatiquement, sans que vous ayez besoin de la réclamer — mais en pratique, il vaut mieux vérifier.


Comment calculer votre prime de précarité ?

La formule de base

```

Prime de précarité = Total des salaires bruts × 10 %

```

Le « total des salaires bruts » comprend :

  • Vos salaires bruts mensuels
  • Les primes versées (13e mois, prime d'objectif, prime d'assiduité…)
  • Les avantages en nature
  • Les majorations pour heures supplémentaires
  • Il ne comprend pas : les remboursements de frais, les tickets restaurant (part patronale), les indemnités de déplacement sur justificatif.

    Exemples chiffrés

    Durée du CDDSalaire brut mensuelTotal brut perçuPrime de précarité
    3 mois1 900 €5 700 €570 €
    6 mois2 200 €13 200 €1 320 €
    12 mois2 800 €33 600 €3 360 €
    18 mois3 500 €63 000 €6 300 €
    Le taux peut être réduit à 6 % si votre convention collective le prévoit et si votre employeur vous a proposé des actions de formation qualifiante pendant le contrat. Vérifiez votre convention.
    → Calculez votre prime exacte avec notre outil gratuit

    Qui a droit à la prime de précarité ?

    Tout salarié dont le CDD arrive à son terme normal y a droit — sauf dans les cas d'exclusion suivants, prévus par l'article L.1243-9 :

    Les cas d'exclusion légaux

    SituationPrime due ?
    CDD arrivé à son terme normal✅ Oui
    CDD rompu par l'employeur (hors faute grave)✅ Oui
    CDD transformé en CDI à la fin❌ Non
    CDD saisonnier❌ Non
    CDD étudiant pendant les vacances scolaires❌ Non
    Rupture à l'initiative du salarié (hors CDI trouvé)❌ Non
    Rupture pour faute grave du salarié❌ Non
    CDD conclu avec un jeune en formation alternée❌ Non

    Le cas du CDI proposé et refusé

    Si votre employeur vous propose un CDI à l'issue du CDD pour le même poste avec une rémunération au moins équivalente, et que vous refusez, vous perdez votre droit à la prime. Mais si le CDI proposé est à des conditions inférieures (salaire réduit, horaires différents, autre poste), votre refus est légitime et la prime reste due.

    Attention : Certains employeurs utilisent cette exclusion de manière abusive — ils proposent un CDI à des conditions légèrement modifiées pour éviter de payer la prime. C'est contestable devant les prud'hommes si le changement est substantiel.

    Intérim : même droit, mêmes règles

    Les salariés intérimaires bénéficient de la même protection. La prime de précarité est versée par l'entreprise de travail temporaire (l'agence d'intérim), à la fin de chaque mission. Son taux est identique : 10 % de la rémunération brute perçue pendant la mission.

    Si votre agence ne vous la verse pas à la fin d'une mission, réclamez-la immédiatement par écrit — vous avez 3 ans pour agir.


    La prime n'a pas été versée : comment réagir ?

    Étape 1 — Vérifiez votre solde de tout compte

    La prime de précarité doit figurer sur votre solde de tout compte, remis lors de la fin du contrat. Cherchez une ligne intitulée « indemnité de fin de contrat » ou « prime de précarité ». Son absence est une irrégularité.

    Étape 2 — Calculez ce que vous devriez avoir reçu

    Avant d'agir, calculez précisément le montant dû. Rassemblez tous vos bulletins de salaire et additionnez les bases brutes.

    → Notre calculateur fait ce calcul pour vous en 30 secondes

    Étape 3 — Envoyez une lettre recommandée

    Adressez à votre employeur une lettre recommandée avec accusé de réception, rappelant l'obligation légale et le montant dû. Fixez un délai de réponse raisonnable (15 jours). Cette démarche est souvent suffisante pour obtenir le règlement.

    Étape 4 — Saisissez les prud'hommes si nécessaire

    Si votre employeur ne répond pas ou refuse de payer, saisissez le Conseil de prud'hommes. La prime de précarité étant une créance salariale, le délai de prescription est de 3 ans à compter de la date à laquelle elle aurait dû être versée.

    En plus de la prime elle-même, vous pouvez réclamer les intérêts légaux (taux 2026 : 3,79 %) depuis la date d'exigibilité, et des dommages et intérêts si le non-paiement vous a causé un préjudice particulier.

    Ce que votre employeur ne peut pas faire

    Il ne peut pas la déduire des acomptes reçus — sauf si les acomptes dépassaient déjà la rémunération due.

    Il ne peut pas l'inclure dans le salaire mensuel courant — elle doit apparaître distinctement dans le solde de tout compte.

    Il ne peut pas la verser en retard sans conséquence — le retard de paiement génère automatiquement des intérêts légaux.

    Il ne peut pas vous la faire signer à l'avance — toute clause de renonciation anticipée à la prime de précarité est nulle et non avenue.


    Et si votre CDD cache un CDI déguisé ?

    Si votre employeur a utilisé le CDD pour pourvoir un emploi permanent — et que vous avez droit à la requalification — vous pouvez cumuler la prime de précarité déjà versée et les indemnités de requalification. Ce ne sont pas des droits alternatifs.

    → Vérifiez si votre CDD est requalifiable en CDI

    FAQ — Prime de précarité CDD 2026

    Quel est le montant de la prime de précarité CDD ?

    La prime de précarité est égale à 10 % de la rémunération brute totale perçue pendant le CDD. Elle s'ajoute au dernier salaire lors du solde de tout compte. Certaines conventions collectives prévoient un taux réduit à 6 % si des actions de formation ont été proposées.

    Qui a droit à la prime de précarité CDD ?

    Tout salarié en CDD arrivé à terme a droit à la prime de précarité, sauf dans les cas d'exclusion légaux : contrat saisonnier, CDD étudiant, refus d'un CDI équivalent, rupture à l'initiative du salarié ou faute grave.

    La prime de précarité est-elle imposable ?

    Oui. La prime de précarité est soumise à l'impôt sur le revenu et aux cotisations sociales, comme un salaire ordinaire. Elle figure sur le bulletin de paie du dernier mois.

    Mon employeur n'a pas versé la prime de précarité : que faire ?

    Envoyez d'abord une lettre recommandée avec AR rappelant l'obligation légale. Si aucune réponse sous 15 jours, saisissez le Conseil de prud'hommes. Vous avez 3 ans pour agir (prescription des créances salariales).

    La prime de précarité existe-t-elle en intérim ?

    Oui. Les salariés intérimaires ont droit à la même prime de précarité de 10 % sur leur rémunération brute totale, versée par l'agence d'intérim à la fin de chaque mission.


    Article rédigé par JustiJob — équipe juridique et ingénierie. Dernière mise à jour : avril 2026. Les informations de cet article sont à titre informatif et ne constituent pas un conseil juridique personnalisé. Calculez votre prime avec notre outil gratuit ou évaluez votre dossier complet.

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    Cet article est publié à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour une analyse adaptée à ta situation, nous te recommandons de réaliser une évaluation JustiJob ou de consulter un avocat spécialisé en droit du travail.